Allier vie professionnelle et gestion d’un adolescent : Oui, mais comment … ?

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Combien d’années n’ai-je pas attendu son arrivée ? … et dire qu’aujourd’hui, mon bébé a déjà 16 ans ! Un âge redouté par tant de parents !

Mon activité professionnelle comme professeur de yoga prend aujourd’hui de l’ampleur. Tout est une question de point de vue et c’est parfois celui de mon ado qui exprime ses besoins : cet ado que j’aime au plus profond de moi et qui se plaint de ne plus tellement me voir !

Mon travail, c’est donner des cours de yoga : en soirée, le week-end, durant quelques jours, lors des stages. C’est aussi le temps consacré à mes entraînements, à la préparation des cours, à la création des flyers, à la gestion du site web, à l’écriture d’articles et à la comptabilité. Mon point de convergence ? La réussite : la mienne et celle des autres à qui je transmets le yoga. Je vois les visages des participantes rayonner et cela me réjouit tellement que j’ai envie d’en faire plus !

L’autonomie financière est aussi un élément de réussite qui me permet de passer plus de temps qualitatif avec mon enfant. Aujourd’hui, il arrive encore que je courre après la liberté, d’être débordée et de ne pas voir ma fille autant que je le souhaiterais. Dans tous les cas, elle est dans mon cœur et son image est près de moi !

Je connais les dangers de l’adolescence. Je mets mon enfant en garde des imprévus tristes et déstabilisants du monde extérieur. Nous sommes, elle et moi, très complices, très liées par des années où nous étions inséparables. Aujourd’hui, elle a grandi, devient autonome dans la construction de sa vie. Nous sommes moins en point de fusion mais elle sait qu’elle peut compter sur moi. …bien entendu, je n’échappe pas à la moyenne. Comme beaucoup de mamans, je ressens parfois de la culpabilité de trop travailler et de n’être pas uniquement dédiée à ma fille. Vous le savez bien : vous rentrez tard vous aussi, peut-être.

Vos bébés grandissent si vite qu’un jour, ils sont déjà des enfants qui se transforment en adolescents. J’ai ressenti une seconde culpabilité : celle de ne pas avancer plus vite, celle de ne pas être assez audacieuse ou pas assez active. Celle de prendre le temps pour les autres et peut-être pas assez pour mon enfant.

Aujourd’hui, je suis enfin sur le chemin de la libération : j’apprends à apprécier la vie avec tous ses challenges parfois bien surprenants. Je jouis toujours plus de chaque moment. J’intègre la philosophie du yoga au sens large : l’amour de la vie, le respect de moi et des autres, la bonne parole, l’apprentissage journalier. Eh non… le yoga n’est pas qu’une affaire de postures et de souffle : c’est un chemin plus vaste, un voyage tellement profond si vous vous ouvrez aux autres éléments!

Comment je fonctionne pour être rassurée ?

Je ne détiens pas LE secret. Je crois que chacun trouve plutôt le sien, en fonction de son histoire, de sa sensibilité, de son corps. Pour ma part, j’essaie, je teste, j’observe. Jusqu’à présent, j’avoue me sentir plutôt rassurée. Ma fille est toute menue et pas très grande. Son visage d’enfant dans le monde des premières sorties me demande de m’investir dans notre relation, d’être présente pour elle, ouverte au dialogue !

Comme dit plus haut, la vie ne m’a pas fait de cadeau. Très jeune, j’ai été confrontée à de mauvaises personnes et j’ai perdu plusieurs années de ma vie, sans compter les heures de thérapie. Laisser ma fille s’en aller avec ses amis pourraient ainsi être un risque et c’est un risque que je ne désire pas prendre !

Quelles techniques peuvent me rassurer ?

  • Ma première technique est la prévention. J’ai décidé de jouer cartes sur table avec ma fille. Je lui ai donc raconté les dangers du monde extérieur en lui partageant mon expérience et celles de tant d’autres!

  • Je lui répète sans cesse mon désir qu’elle vive bien et qu’elle rencontre ses amis, qu’elle crée son réseautage dès aujourd’hui. Je ne mise pas tout uniquement sur les liens de sang : pour ma part, nous créons notre famille aussi au travers des amitiés. C’est donc pour elle déjà le moment de poser les bases de son futur ! L’entourage détermine, à mes yeux, la personne que nous devenons ! J’encourage donc ma fille à bien s’entourer et je lui demande qu’elle se fasse respecter ! Je lui explique qu’elle ne doit pas hésiter à changer de route si elle croise sur son chemin des personnes malveillantes. Vouloir changer les autres autour de soi est vain et c’est de l’énergie bien souvent perdue !

  • Je lui répète sans cesse de garder la responsabilité sur sa vie. C’est elle qui détient son avenir en main ! Si elle choisit de délaisser ses études en raison de trop de sorties, ce sera à elle de récupérer les années perdues. Elle se débrouille seule dans son apprentissage : ce n’est pas la meilleure de sa classe, ni la moins bonne. Je lui fais confiance et cela porte ses fruits. L’année démarre bien souvent avec du rouge dans le bulletin mais la moyenne remonte de mois en mois. Je lui propose des alternatives de professeur si le besoin s’en faisait sentir. Il semble qu’elle assure sans cela !

  • J’accuse ses erreurs en la remerciant de mes les avoir partagées, en la remerciant de faire des erreurs. Nous le lisons dans tous les bouquins sur le développement de la personne : les erreurs nous font grandir, évoluer. Leur faire face (bien souvent, nous les cachons), les analyser, les comprendre nous permet d’avancer encore mieux et bien évidemment de mieux les éviter. Elle s’étonne bien souvent que je ne me mette pas en colère !

  • J’utilise un ton plus ferme si elle se met en danger ou parfois aussi quand elle me manque de respect !

  • Je ne remets jamais en question ce qu’elle me raconte. Il lui est arrivé de me mentir et bien souvent, quelques semaines plus tard, elle est revenue d’elle-même vers moi, avec sa culpabilité toute mignonne !

  • Je la laisse vivre sa vie, je ne fouine pas dans ses secrets, … Notre complicité me permet de savoir les choses utiles. Je ne voudrais pas qu’elle fouille dans mon gsm. Elle connaît tous mes codes, elle le pourrait donc. Elle m’a avoué avoir lu des messages : je ne crie pas mais je n’aime pas ça et je le lui dis ! J’accepte.

  • Je lui accorde une grande liberté. Certains ne partagent pas ce cadeau que je lui fais et me font des remontrances. A son âge, j’étais comme elle et cette liberté me donnait un souffle nouveau : comme si tout nous appartenait et comme si tout était possible ! Donc, elle veut sortir, elle sort. Parfois, nous ne nous voyons pas une semaine parce que son choix s’est porté sur ses copin(e)s et puis un autre moment, elle revient vers moi. J’accepte.

  • Parfois, je l’attends à la maison, il lui arrive de repousser sa venue parce qu’elle s’amuse, passe des moments merveilleux ailleurs. J’accepte et je me sens heureuse pour elle car sa vie future sera représentative de ces moments. Quand, à mon tour, je m’amuse, cela m’arrive de retarder également ! C’est très occasionnel cependant, c’est plus au niveau pro que je retarde mes venues ! Et je m’éclate également…

  • Si nous avons rendez-vous pour quelque chose de particulier et qu’elle me fait attendre, je lui exprime mon insatisfaction. Je n’aime pas attendre, je me sens non respectée et je n’aime pas non plus perdre mon temps, je veux vivre chaque moment! Je demande un respect pour cela.

  • J’exige du respect lorsqu’elle s’adresse à moi. L’inverse m’insupporte et, depuis son passage à l’adolescence, j’entends bien plus d’agressivité dans son langage. Elle cherche à me manger le nez. Elle l’admet et s’excuse. Parfois, elle me remet à ma place aussi : tu vois, toi aussi… Je m’excuse si c’est le cas !

  • J’accepte qu’elle me dise être énervée par tel ou tel comportement de ma part. Cela me permet, à mon tour, de me remettre sur les rails, de m’observer et d’évoluer. Pour ma part, être parents, c’est parfois faire des erreurs et accepter d’en faire.

Certains parents pourraient être choqués par cette liberté. J’imagine des retours m’exprimant que nous ne pouvons agir de cette manière avec tout adolescent ! Certainement ? Ou pas ? Le chemin du yoga ne nous permet pas d’être dans le jugement. Chacun, chacune est libre. Je raconte, je partage. Rien ne garantit la réussite de mon choix : une éducation très libre !

Il faut peut-être ajouter à mon témoignage que tout, chez son papa, est plus « carré ». Sans doute, cela l’aide-t-il à trouver un équilibre aujourd’hui dans son être ?

Jeune, j’ai été amenée à m’auto-éduquer. Je n’ai pas eu le choix. J’ai dû faire face. J’ai donc appris que, quand nous n’avons pas le choix, nous nous responsabilisons et nous avons toutes les chances d’avancer.

Par contre, l’importance de connaître certaines histoires de la vie de nos enfants, d’avoir la certitude qu’ils ne s’embarquent pas sur des chemins dangereux et sans issue est primordial. L’adolescence reste un âge parsemé de beaucoup d’innocence et, paradoxalement, de certitudes égrenées de tout savoir, et de savoir mieux que nous, leurs parents.

Qu’ils aient le choix de nous raconter d’avoir pris des murs, d’avoir vécu des moments de honte ; que nous soyons ouverts à l’écoute pour les consoler et les aider à reprendre le chemin là où ils se sont arrêtés. Je pense que mon rôle est là aujourd’hui, dans l’écoute et le respect de la liberté d’être ! Le vrai danger pour des adolescents est à mes yeux de se sentir abandonnés quand ils ne trouvent plus personne pour les écouter, quand ils trouvent porte close alors qu’ils ont fait le premier pas, celui de venir frapper à la porte.

Comme je le disais d’entrée de jeu, je suis comme vous. Je chemine, je cherche, j’explore. Je choisis de faire confiance à ce petit bout de femme qui est ma fille et qui rentre dans le monde des adultes. Je sais qu’elle fera de son mieux pour se créer une vie merveilleuse.

Je le répète toujours plus, à ma fille et à mon entourage aussi : NOUS sommes responsables de notre bonheur. Pour certains, le chemin est sinueux. Alors relevez-vous : pour vos enfants, pour vous, pour vos proches, ensuite… Faisons de ce monde un monde merveilleux pour la vie de nos enfants !

Je rêve de ma liberté financière pour davantage voyager et découvrir le monde plus encore, avec mon enfant.

Aujourd’hui, ma fille vit à Bruxelles, comme moi. Nous avons l’occasion de nous voir quand nous le souhaitons. Si elle désirait vivre à l’étranger et que nous nous perdions de vue, peut-être serais-je envahie par la peine ? C’est possible mais comment le prévoir ? Comment prévoir son départ et ma peine ? Et pourquoi d’ailleurs anticiper pareil chagrin et pareille séparation ? Aujourd’hui, je travaille sur mon bonheur, sur les différents aspects de la femme que je suis, vers l’approche dans mon demi-siècle de vie. Une véritable étape pour tout homme et toute femme qui fera l’objet d’un prochain article.

En attendant de vous retrouver pour un prochain partage, je vous souhaite de vivre au mieux, d’être présent au plus près de vos vie, avec ceux qui vous entourent : vos enfants et vos proches.

Journal d’une Yogi ou à en devenir.

Véronique

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Le yoga et les ados ! J'aimerais les initier !